Tuesday, May 5, 2015

Press Review about the WHITNEY en francais JOURNAL LA CROIX

 

Le « Whitney », vaisseau amiral de l’art américain

STÉPHANIE FONTENOY
Le musée new-yorkais a rouvert ses portes vendredi dans un bâtiment flambant neuf signé Renzo Piano.
New York
De notre correspondante
Qu’est-ce que l’art américain et comment définir sa place dans l’histoire des styles ? C’est la question que pose le Whitney Museum de New York depuis sa création, en 1931. Cette institution culturelle majeure est l’œuvre de Gertrude Vanderbilt Whitney (1875-1942), riche héritière et sculptrice – elle fut l’élève de Rodin – qui a donné une plate-forme d’expression aux artistes américains de son époque quand les canons de l’esthétisme étaient encore dictés par l’Europe. Cette grande mécène a acquis 500 œuvres en quinze ans, démarrant la plus importante collection d’art moderne et contemporain des États-Unis, qui compte aujourd’hui 22 000 pièces de plus de 3 000 artistes.
À 85 ans, le « Whitney » entre dans une nouvelle phase, en quittant la forteresse de béton de l’architecte Marcel Breuer, qu’il occupait depuis 1966 sur Madison Avenue, pour s’amarrer le long de la rivière Hudson, au bout de la High Line, la très populaire coulée verte du West Village. Avec ses multiples terrasses avec vue sur la rivière et la ville, le nouveau bâtiment de neuf étages de verre et acier imaginé par l’Italien Renzo Piano ressemble à un paquebot. Avec ses 20 500 m2 d’exposition, il double la surface du « Whitney », proposant même une salle modulable de 1 675 m2, sans la moindre colonne, au 5e étage : une prouesse de l’architecte. Les espaces d’exposition sont complétés par un auditorium de 170 places, un centre éducatif, une bibliothèque et un centre de conservation : une première pour l’institution.
Contrairement au Met, qui expose cinq mille ans d’art universel, ou au MoMA, qui donne une large place à l’art européen, le « Whitney » se limite à la création américaine des années 1900 à nos jours, montrée dans sa complexité et sa diversité. Le titre de l’exposition inaugurale, « America is hard to see » (L’Amérique est difficile à voir), résume cette mission. Elle présente, classés en six périodes, les artistes américains majeurs du XXe siècle. Ceux qu’a soutenus Gertrude Vanderbilt Whitney : les peintres Robert Henry et Edward Hopper, la photographe Berenice Abbott, le sculpteur et maître du mobile Alexandre Calder. Puis les expressionnistes abstraits des années 1950 : Willem De Kooning, Joan Mitchell, Jackson Pollock. Et encore Jasper Johns, Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat, Jeff Koons, Richard Prince… Au total, 600 œuvres de plus de 400 artistes dans tous les genres, y compris les nouveaux médias.
« Ce bâtiment sera un endroit de découverte et de prise de risques. Ici, les artistes les plus importants, les plus exigeants et courageux de notre époque auront une présence constante », indique Adam Weinberg, directeur du musée. Pour atteindre cet objectif, le Whitney a levé 760 millions de dollars – dont 422 consacrés à la seule construction du musée – trouvés auprès de donateurs et sponsors. Cet argent financera les futures expositions, tout en permettant au Whitney de remplir sa mission : promouvoir et préserver l’art des États-Unis.

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